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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 12:22

Je suis arrivé au Nigéria à la fin de la guerre du Biafra, j'ai atterris le jour du passage de la conduite à gauche vers la conduite à droite, une gigantesque pagaille...Le représentant de la société parapétrolière pour laquelle je travaillais m'accueilli à la coupée de l'avion, un DC 8 d'UTA qui m'amenait de Paris ...il semblait connaitre tous les policiers, douaniers et agents de l'aéroport...il distribuait quelques billets à chacun et nous sortîmes rapidement de l'aérogare pour être assaillis par des gens voulant porter ma valise et des chauffeur de taxi mais, l'un de ces derniers, qui semblait très bien connaître mon compagnon, arriva et nous prit en charge...

La trajet jusqu'aux bureaux de la société, situés au rez de chaussée de l'hôtel " Federal Palace " fut une aventure car, les rues de Lagos, qui fourmillent de voitures en temps normal, s'étaient transformées en un grouillement de véhicules dont les conducteurs ne savaient plus de quel côté de la voie il fallait circuler... les rues étaient d'une saleté incroyable et, au cours de ma carrière dans les pays du tiers monde, je ne verrai rien d'aussi repoussant...au bout de quelques heures nous arrivâmes tout de même à destination...l'hôtel, situé près de la lagune et à proximité du palais présidentiel avait beaucoup d'allure...Aux bureaux je retrouvais un camarade qui était entré à Géoservices en même temps que moi, Gilbert Le Rouzic, et qui était, maintenant, chef de la filiale du Nigeria, il me présenta le personnel et me dit que la personne qui m'avait accueilli à l'aéroport était l'agent de la société au Nigéria, c'était lui le propriétaire des bureaux, il était Hollandais et représentait plusieurs autres sociétés...il était marié à une femme locale Yoruba et étais présent dans la pays depuis longtemps...bien sur, il avait été là pendant toute la guerre du Biafra et, plus tard, j'appris qu'il s'était même livré à du trafic d'armes et aurait même vendu des chars aux deux belligérants, chars qu'il n'aurait, parait-il, jamais livré...mon chef et camarade me dit qu'il m'avait réservé une chambre dans cet hôtel et me mis en garde contre le personnel qui servait de racoleur pour les prostituées...Le lendemain, il me conduisit au bureaux de Elf Nigéria pour qui je devais effectuer la surveillance géologique de forage sur une " swamp barge " dans le delta du Niger...

Le lendemain, dans la matinée, un chauffeur me conduisit à l'aéroport local et, après m'avoir remis un billet s'efforça de me faire embarquer dans un avion, un " piper comanche " je crois, enfin, un petit bimoteurs à hélices, à destination de Warri...ce ne fut pas une mince affaire car, sur ces ligne intérieures, une réservation ne signifiait pas grand chose et le dash ( bakshish ) avait priorité !...Après un long survol de la forêt se fut l'atterrissage sur le petit aéroport de Warri, une piste en latérite bordée d'arbres très élevé dans la forêt équatoriale...vraiment impressionnant !...quelqu'un d'Elf m'attendait et après qu'un officier de police eu contrôlé mon passeport ( j'avais un visa d'affaires car l'obtention d'un visa de travail prenait trop longtemps ), il me conduisit au River Valey, une espèce d'hôtel casino boîte de nuit, lieu de travail de nombreuses prostituées, où Elf m'avait réservé une chambre vu que la " guests house " de la société était complète....

Je découvris plus tard que le " guests house " d'Elf servait de refuge aux prostituées du " River Valey " lorsque la police faisait une descente...

Je rencontrais l'Etat Major d'Elf à Warri et rejoignait la barge de marais " Swamp Master ",  barge à fond plat munie de balasts qui étaient remplis en arrivant sur le site de forage, et appartenant à la société de forage américaine Santa Fe, à bord d'une vedette rapide blanche faite spécialement pour naviguer dans les multiples chenaux étroits du delta du Niger bordés de palétuviers où j'eu la surprise de voir des poissons monter aux banches...j'appris par la suite qu'il s'agissait deperiophtame, un poisson de la famille des gobies qu'on appelle d'ailleurs gobies des mangroves et qui peut vivre quelques temps hors de l'eau, il grimpe au racines et branches basses à l'aide de ses nageoires pectorales qu'il utilise comme des pattes, il chasse les mouches et autres insectes et aussi les petits crabes et autres invertébrés, il creuse des terriers dans la vase et est très agile, ses nageoires ventrales forme ventouse lui permettant de resté fixé sur une paroi verticale...on voyait aussi de nombreux serpents onduler sur l'eau mais le pilote de la vedette m'assura qu'on voyait rarement des crocodiles car ces derniers avaient une grande peur de humains qui les tuaient pour les manger !...

Un jour deux des vedettes entrèrent en collision et coulèrent tout le monde s'en sorti sans dommage mais avec une belle peur des éventuelles bestioles dont des crocodiles mais, ce qui fit le plus rager l'un des passagers était la possibilité de mourir dans une rivière alors qu'il avait passé une grande partie de sa vie au Sahara comme méhariste

Je fis la connaissance des équipes de forage et du responsable des fluides d'une société française, la SECA, et qui était Allemand et ancien légionnaire...au travail il ne dormait pratiquement jamais mais, une fois à terre et aux dires des gens d'Elf, il buvait jusqu'à deux bouteilles de whisky dans la même soirée...un jour de relève, alors qu'il devait rejoindre Lagos en avion, il se mit à tambouriner la carlingue jusqu'à ce qu'il soit maîtrisé et que le pilote refuse de le prendre à bord...il rejoignit Lagos en taxi...

Le chef de chantier américain était relevé par un Canadien, le chef mécanicien était américain de Louisiane, les chefs d'équipe Anglais  et les ouvriers et manœuvres Nigériansla relève du personnel de Santa Fé se faisait par un hydravion qui se posait sur le fleuve à un endroit assez lage et dégagé, ensuite une petite embarcation à moteur hors bord faisait la liaison entre la Swamp Master et l'hydravion...le personnel expatrié, les cadres, logeait sur la swamp barge tandis que le personnel local, ouviers et manoeuvre ainsi que le personnel de catering, logeait sur un house boat, genre de radeau avec un batiment construit dessus...

La géologie est très simple dans le delta du Niger, c'est une succession de couches d'argile, de sable, de sable argileux ou d'argile sableuse...la teneur en calcium varie un peu et la courbe de pénétration permet plus ou moins de corélations...la densité des argiles doit être suveillée de très près en raison de la présence de couches sous compactées et de pressions anormales dans les sables pouvant cauiser une éruption et même, pafois la perte de l'appareil de forage voir de vies humaines en cas d'incendie...le Nigéria connait, dans cette zone, un record du monde d'acier resté dans le terrain par collages hydrostatiques, éboulements des puits ou éruptions incontrolées...

Au cours d'un contrôle, le chef de chantier canadien eu la désagréable surprise de s-apercevoir que nous étions prêt de manquer de gaz-oil...le chef mécanicien américain était chargé de ce gaz_oil et il eu tôt fait d'avouer qu'il se livrait à un traffic avec les villages voisins par l'intermédiaire d'un remorqueur pousseur de barge...  on réduisit la consommation à se qui était absolument nescessaire, c'est à dire le forage et l'éclairage, l'air conditionné fut arrêté et on laissa toutes les portes ouvertes, ceci causa un épisode comique, le technicien fluide de forage, un certain Duget de Bernonville, qui avait remplacé l'ancien légionaire et qui aimait l'alcool de palme local, quelque peu méthylique, déboula dans le réfectoire ou nous buvions des bissons glacées pour nous rafraichir nous disant qu'il y avait un gros rat dans sa coucette...nous eûmes tous la même pensée : " ça y est, il commence à voir des rats bleus "...et non, il y avait bien un énorme rat dans sa couchette qui prit la fuite en nous voyant....c'était un rat du marais qui faisait partie de ceux qui déambulaient, la nuit, sur le pont, il avait trouvé les portes ouvertes et était entré....Le chef mécanicien avoua, peu de temps après, se livrer à un trafic d'aliments avec l'instituteur du plus proche village qui lui prostituait ses élèves féminines à peine pubères...bien sur, il reprit très vite le chemin des Etats Unis...Ceci montre, hélas, la mentalité de la population de ce pays...qui est proche de la mentalité des pays du golfe de Guinée...

En fin de forage, la société Shlumberger effectuait les mesures électriques en descendant des sondes dans le puits au moyen d'un cable, ces mesures permettaient de déterminer, avec précision, la profondeur des différentes couches, la teneur en hydrocarbures et la saturation en eau...ces mesures faites, elle prenait de petits échantillons de terrain à l'aide de petits carottiers à balle propulés par une charge de poudre...ceci était très long car il fallait calculer la profondeur à chaque tir...le géologue était en charge de superviser l'opération....après avoir prélever les échantillons aux profondeurs sélectionées par le géologue, l'équipe Slumberger faisait remonter l'outil à la surface, les carottes étaient extraite, récupérées dans un récipient en verre, numérotées et placées dans des cases d'une boite métallique prévue à cet effet...cela se passait sur le pont et, un soir, à la fin de cet opération, la pluie tropicale se déclencha...ordre fut donné aux laborantins de mettre rapidement les carottes à l'abri...l'un de ces derniers, portant la boite avec un collègue, se prit les pieds dans le cable de Slumberger et la boite se retrouva sur le pont avec les carottes éparpillées...hélas, dans la précipitation,nous n'avions pas pris le temps de numéroter les récipients de verre...et cela avec 100% de récupération....la base d'Elf, à Port Harcourt, fit des remarques très désagréables à la radio !....Ces échantillons, une fois acceptés par le géologue, étaient payés à l'ingénieur de Shlumberger...dans le cas présent il ne restait à Elf qu'à tout payer...

L'acceptation de ces échantillons se faisait uniquement pour ceux d'une longueur d'un pouce ou plus...il fallait ensuite les passer aux ultra-violet pour détecter des traces d'hydrocarbure puis les passer ...un jour je m'endormis sur cette loupe binoculaire...

Un soir, le chef d'un village voisin nous invita à une fête, nous nous y rendîmes par la prame munie d'un moteur hors bord...la place du village, en terre batue était éclairée par un grand feu, le chef nous offrit à boire dans sa case, de la bière, kaï-kaï, l'alcool de palme...les villagois commencèrent à danser au rythme des tambour et de quelques transistors...nous avons participé au bout de quelques temps...puis, comme il faisait relativement tard, nous avons pris notre embarcation et sommes rentrés sur la barge...le moteur tomba en panne et nous dumes finire le voyage à l'aide de pagayes improvisées dont les casques...

A la fin du forage d'un puits il fallait déplacer la barge à l'emplacement suivant, en général un slot dragé dans la berge...pour cela on utilisait deux remorqueurs pousseurs pour tirer notre enginet un troisième, à l'arrière pour le guider....Elf faisait venir son capitaine de port, de Port Gentil, au Gabon, pour prendre la direction de la manoeuvre, ce qui n'empêchait pas d'aller toucher les berges plusieurs fois...il arriva, une fois, de nous retrouver sous des arbres dont un serpent, un mamba vert, se laissa tomber sur le pont...il eut vite de rejoindre le fleuve...

 

 

 

 

( à suivre )

 

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